Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

flâneries picturales en musée

flâneries picturales en musée

Visites des musées des Beaux-Arts de France et leurs expositions temporaires


Boilly - Chroniques parisiennes (1761-1845)

Publié par Faustine sur 21 Juin 2022, 15:31pm

Catégories : #peinture française du XVIIIe, #peinture française du XIXe, #art français du XIXe

Le musée Cognacq-Jay a organisé une exposition monographique sur l'artiste peintre Louis-Léopold Boilly (1761-1845). Plus de 100 oeuvres étaient exposées, afin de découvrir la singularité de l'artiste, son humour et son inventivité. Plusieurs oeuvres étaient inédites en France. Je vous résume l'exposition à travers les panneaux de l'exposition et les tableaux coups de coeur.

Boilly en scène

Louis-Léopold Boilly (1761-1845), originaire de Lille, s'installe à Paris à la veille de la Révolution française, en 1785, pour ne plus en partir. Il est à la fois le peintre de la vie quotidienne, le portraitiste des Parisiens, l'auteur de caricatures et l'inventeur du trompe-l'oeil. Boilly aime également se mettre en scène. Au fil de l'exposition, on s'amuse à le chercher caché dans son oeuvre.

Louis-Léopold Boilly, Autoportrait en sans-culotte (vers 1793), huile sur carton. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Autoportrait en sans-culotte (vers 1793), huile sur carton. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Jean qui rit (autoportrait) (vers 1808-1810), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Jean qui rit (autoportrait) (vers 1808-1810), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Lépold Boilly, Trompe-l'oeil : "Mes Petits Soldats", grisaille à l'imitation de l'estampe (1809), huile sur toile. Douai, musée de la Chartreuse.

Louis-Lépold Boilly, Trompe-l'oeil : "Mes Petits Soldats", grisaille à l'imitation de l'estampe (1809), huile sur toile. Douai, musée de la Chartreuse.

Louis-Léopold Boilly, Etude avec cinq autoportraits de l'artiste (vers 1823-1827), pierre noire, estompe de pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Wiltshire, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, Etude avec cinq autoportraits de l'artiste (vers 1823-1827), pierre noire, estompe de pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Wiltshire, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Lépold Boilly, Après le souper (après 1830), huile sur toile. Collection particulière.
Louis-Lépold Boilly, Après le souper (après 1830), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Lépold Boilly, Après le souper (après 1830), huile sur toile. Collection particulière.

Chroniques parisiennes

Louis-Léopold Boilly dresse le portrait d'un Paris insolite : les petits spectacles de la vie quotidienne. En peintre de genre, il s'attarde sur le passage d'une rue par temps de pluie et pénètre dans la cour d'une prison de femmes.

Louis-Léopold Boilly, Le Jeu du tonneau (vers 1828), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.
Louis-Léopold Boilly, Le Jeu du tonneau (vers 1828), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, Le Jeu du tonneau (vers 1828), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, Le Passage de la planche (vers 1810-1814), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, Le Passage de la planche (vers 1810-1814), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, La Prison des Madelonnettes (vers 1815-1819), huile sur papier marouflé sur toile. Paris, musée Carnavalet.

Louis-Léopold Boilly, La Prison des Madelonnettes (vers 1815-1819), huile sur papier marouflé sur toile. Paris, musée Carnavalet.

La modernité de la ville, sa joie de vivre le fascinent. Tous les habitants de la capitale défilent : élégants et indigents, bourgeois et hommes du peuple, révolutionnaires et royalistes, jusqu'aux proches de l'artiste. Boilly documente une vision du Paris de son époque. Celui, où il aime flâner. Le peintre scrute les réactions du public.

Louis-Léopold Boilly, L'Arrivée d'une diligence dans la cour des Messageries (1803), huile sur panneau. Paris, musée du Louvre.
Louis-Léopold Boilly, L'Arrivée d'une diligence dans la cour des Messageries (1803), huile sur panneau. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, L'Arrivée d'une diligence dans la cour des Messageries (1803), huile sur panneau. Paris, musée du Louvre.

Louis-Lépold Boilly, La Descente de la Diligence (vers 1803), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Lépold Boilly, La Descente de la Diligence (vers 1803), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Lépold Boilly, Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées, à l'occasion de la fête du roi (1822), peinture à l'huile. Paris, musée du Carnavalet
Louis-Lépold Boilly, Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées, à l'occasion de la fête du roi (1822), peinture à l'huile. Paris, musée du Carnavalet
Louis-Lépold Boilly, Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées, à l'occasion de la fête du roi (1822), peinture à l'huile. Paris, musée du Carnavalet
Louis-Lépold Boilly, Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées, à l'occasion de la fête du roi (1822), peinture à l'huile. Paris, musée du Carnavalet

Louis-Lépold Boilly, Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées, à l'occasion de la fête du roi (1822), peinture à l'huile. Paris, musée du Carnavalet

Louis-Léopold Boilly, Le Portefaix, (vers 1803), huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Le Portefaix, (vers 1803), huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Jeune femme, (vers 1803), pierre noire, estompe pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Arras, musée des Beaux-Arts.

Louis-Léopold Boilly, Jeune femme, (vers 1803), pierre noire, estompe pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Arras, musée des Beaux-Arts.

Le spectacle des boulevards

Pour Boilly, Honoré de Balzac ou Charles Baudelaire, le spectacle se déroule dans l'espace public des boulevards. Boilly vit dans le quartier des Grands Boulevards, lieu de divertissements dont il s'inspire. Il témoigne de l'engouement pour Guignol et révèle le succès que suscite le théâtre : distraction la plus courue de la capitale.

Louis-Léopold Boilly, Le Spectacle ambulant de Polichinelle (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, Le Spectacle ambulant de Polichinelle (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, L'Entrée du théâtre de l'Ambigu-Comique à une représentation gratis (1819), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, L'Entrée du théâtre de l'Ambigu-Comique à une représentation gratis (1819), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Boilly s'intéresse aussi aux qualités théâtrales des faits et gestes du quotidien. Dans son tableau "La Scène du carnaval" il résume sa vision : le théâtre se trouve dans les rues de Paris, ses habitants en sont le principal divertissement.

Louis-Léopold Boilly, Scène du carnaval (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation
Louis-Léopold Boilly, Scène du carnaval (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation
Louis-Léopold Boilly, Scène du carnaval (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation
Louis-Léopold Boilly, Scène du carnaval (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation

Louis-Léopold Boilly, Scène du carnaval (1832), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation

Les visages des Parisiens

Devenu un portraitiste recherché de la capitale par la nouvelle bourgeoisie, Boilly tire le portrait de tous les Parisiens comme des personnalités de passage. Il élabore un format inédit de portraits, qu'il produit pendant 40 ans. Il crée ses petits portraits en buste au cours d'une séance de pose de 2h et les présente dans le même cadre doré, orné de palmettes ou de feuilles. 5000 visages furent immortalisés par son pinceau, près de 1000 sont aujourd'hui connus.

Louis-Léopold Boilly, Petits portraits (1800-1845), huile sur toile. Collection particulière.
Louis-Léopold Boilly, Petits portraits (1800-1845), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Petits portraits (1800-1845), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Seize portraits d'hommes (vers 1798), pierre noire, estompe de pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Collection V. et Louis-Antoine Prat.

Louis-Léopold Boilly, Seize portraits d'hommes (vers 1798), pierre noire, estompe de pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair. Collection V. et Louis-Antoine Prat.

Boilly se consacre aussi à la caricature dans sa série "Les Grimaces". Il se livre à un inventaire d'expressions, de passions et de manies.

Louis-Léopold Boilly, Les Grimaces : l'avarice, les fumeurs et priseurs - les amateurs de tableaux, les antiquaires -  l'orgueil, la luxure - réjouissances publiques, les nez ronds (vers 1823-1827), lithographies, tirage en noir, tirage coloré. Collection particulière.
Louis-Léopold Boilly, Les Grimaces : l'avarice, les fumeurs et priseurs - les amateurs de tableaux, les antiquaires -  l'orgueil, la luxure - réjouissances publiques, les nez ronds (vers 1823-1827), lithographies, tirage en noir, tirage coloré. Collection particulière.
Louis-Léopold Boilly, Les Grimaces : l'avarice, les fumeurs et priseurs - les amateurs de tableaux, les antiquaires -  l'orgueil, la luxure - réjouissances publiques, les nez ronds (vers 1823-1827), lithographies, tirage en noir, tirage coloré. Collection particulière.
Louis-Léopold Boilly, Les Grimaces : l'avarice, les fumeurs et priseurs - les amateurs de tableaux, les antiquaires -  l'orgueil, la luxure - réjouissances publiques, les nez ronds (vers 1823-1827), lithographies, tirage en noir, tirage coloré. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Les Grimaces : l'avarice, les fumeurs et priseurs - les amateurs de tableaux, les antiquaires - l'orgueil, la luxure - réjouissances publiques, les nez ronds (vers 1823-1827), lithographies, tirage en noir, tirage coloré. Collection particulière.

Les paris de Boilly

Boilly nous invite à découvrir les ateliers de ses confrères peintres sculpteurs. Son tableau "Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey" remporte un énorme succès au Salon de 1798. Puis en 1800, Boilly présente au Salon un trompe-l'oeil qui fait sensation et deviendra une de ses spécialités. Il peint un amas de dessins écornés, une esquisse peinte et une estampe, présentés sous une vitre brisée. En regardant de près ou de loin, il y a vraiment de quoi se tromper !

Louis-Léopold Boilly, Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey (vers 1798), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey (vers 1798), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Louis-Léopold Boilly, Un Trompe-l'oeil (vers 1800), huile, traits de crayon gras sur toile. Collection David Lechenman.

Louis-Léopold Boilly, Un Trompe-l'oeil (vers 1800), huile, traits de crayon gras sur toile. Collection David Lechenman.

Louis-Léopold Boilly, Amphitrite sur les eaux (vers 1800), huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Amphitrite sur les eaux (vers 1800), huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Illusions d'optique

Boilly est fasciné par l'actualité scientifique et les innovations techniques. Il collectionne de nombreux instruments optiques : chambres noires, télescopes, lorgnettes, pantographes ou zograscopes. Le zograscope est un instrument qui réunit une grande lentille (loupe) et un miroir. On pose une gravure sous le miroir, en regardant à travers la lentille, les éléments dessinés apparaissent en relief.

Zograscope, bois, verre. Collection particulière.

Zograscope, bois, verre. Collection particulière.

Jean-François Cazenave d'après Louis-Léopold Boilly, L'Optique (avant 1795), gravure au pointillé, tirée au noir. Collection particulière.

Jean-François Cazenave d'après Louis-Léopold Boilly, L'Optique (avant 1795), gravure au pointillé, tirée au noir. Collection particulière.

Il utilise tout ces  nouveaux instruments pour atteindre la perfection illusionniste de ses trompe-l'oeil.

Louis-Léopold Boilly, Trompe-l'oeil en grisaille à l'imitation de l'estampe :"La Queue au lait" (vers 1796), huile sur toile / huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.
Louis-Léopold Boilly, Trompe-l'oeil en grisaille à l'imitation de l'estampe :"La Queue au lait" (vers 1796), huile sur toile / huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Trompe-l'oeil en grisaille à l'imitation de l'estampe :"La Queue au lait" (vers 1796), huile sur toile / huile sur papier marouflé sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Un Trompe-l'oeil (vers 1800-1805), huile sur toile. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Un Trompe-l'oeil (vers 1800-1805), huile sur toile. Collection particulière.

Des boudoirs aux boulevards

Comme ses contemporains Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) et Marguerite Gérard (1761-1837), Boilly rivalise avec ses prédécesseurs en perpétuant une tradition libertine pour une clientèle connaisseuse des sous-entendus équivoques. Popularisée par la gravure, les scènes galantes assurent à Boilly une grande partie de ses revenus. Ces scènes de moeurs, proche du théâtre de Beaumarchais, jouent des subterfuges de l'amour et de la pluralité des plaisirs.

Louis-Léopold Boilly, Deux jeunes amies qui s'embrassent (vers 1789-1793), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, Deux jeunes amies qui s'embrassent (vers 1789-1793), huile sur toile. Ramsbury, The Ramsbury Manor Foundation.

Louis-Léopold Boilly, L'Indiscret (vers 1789-1793), huile sur toile. Paris, musée Cognacq-Jay.

Louis-Léopold Boilly, L'Indiscret (vers 1789-1793), huile sur toile. Paris, musée Cognacq-Jay.

Louis-Léopold Boilly, Le Doux réveil (vers 1789-1793), huile sur toile. Paris, musée Cognacq-Jay.

Louis-Léopold Boilly, Le Doux réveil (vers 1789-1793), huile sur toile. Paris, musée Cognacq-Jay.

L'art de la miniature

Boilly exerce son talent de portraitiste dans différents genres, du petit portrait au portrait collectif, jusqu'aux miniatures. D'un format très petit, elles sont peintes à l'huile sur différents supports : zinc ou ivoire. On en connaît 38 réalisées par Boilly tout au long de sa carrière.

Louis-Léopold Boilly, Portrait présumé de Lucile Desmoulins (1790-1795), cadre en bronze doré, perlé et strié. Paris, musée Cognacq-Jay.

Louis-Léopold Boilly, Portrait présumé de Lucile Desmoulins (1790-1795), cadre en bronze doré, perlé et strié. Paris, musée Cognacq-Jay.

Louis-Léopold Boilly, Portrait probable d'un membre de la famille de l'artiste (vers 1800-1804), huile sur métal. Collection particulière / Portrait présumé du peintre Henri-François Riesener (vers 1800), huile sur zinc. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Portrait probable d'un membre de la famille de l'artiste (vers 1800-1804), huile sur métal. Collection particulière / Portrait présumé du peintre Henri-François Riesener (vers 1800), huile sur zinc. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Les six enfants de Boilly et leurs mères de profil (vers 1823-1827), huile sur panneau. Collection particulière.

Louis-Léopold Boilly, Les six enfants de Boilly et leurs mères de profil (vers 1823-1827), huile sur panneau. Collection particulière.

Cette exposition m'a beaucoup plus. J'ai beaucoup apprécié l'usage des couleurs vives dans les oeuvres du peintre. J'ai aimé voir des scènes de vie du Paris du XIXè siècle. Vous pouvez retrouver toutes les oeuvres exposées dans le catalogue de l'exposition : "Boilly Chroniques Parisiennes", Ed. Paris musées, 2022 (160 p.). C'est un livre de format moyen. Les oeuvres y sont bien reproduites. Et comme moi, des détails de tableaux sont mis en valeur.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Bonjour Faustine , <br /> Merci pour ce bel article .Je n'ai pas vu cette exposition mais moi aussi j'adore ce peintre ! <br /> Ses scènes de genres truculentes nous plongent dans le Paris de l'époque et on a plaisir à détailler les visages , les vêtements , les couleurs chatoyantes , et c'est un régale !<br /> Au plaisir de vous lire .<br /> Rémi
Répondre

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents