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flâneries picturales en musée

flâneries picturales en musée

Visites des musées des Beaux-Arts de France et leurs expositions temporaires


Sage comme une image ? L'enfance dans l'oeil des artistes (1790-1850)

Publié par Faustine sur 13 Novembre 2025, 13:31pm

Catégories : #exposition, #peinture française du XVIIIe, #peinture française du XIXe, #sculpture française du XVIIIe, #sculpture française du XIXe, #portrait, #scène de genre

Le musée des Beaux-Arts du Mans, puis le musée des Beaux-Arts de Bordeaux ont organisé une exposition éclairant sur les conditions de vie des enfants et les rôles qui leur étaient attribués dans la société française de 1790 à 1850. Une centaine d'oeuvres étaient exposées (peinture, sculpture, gravure) toutes issues des collections françaises. L'exposition de Bordeaux comportait une vingtaine d'oeuvres non présente au Mans.

Voici le résumé compilé des deux expositions d'après les panneaux explicatifs, illustré de presque toutes les oeuvres.

Du Traité de l'éducation de Rousseau à la Révolution française

Le traité d'éducation publié en 1762 par le philosophe Jean-Jacques Rousseau change le regard porté sur l'enfance et fixe de nouveaux rôles aux adultes. L'enfance est présentée comme un moment d'innocence en adéquation avec la nature. La mère et le père ont la responsabilité de préserver l'enfant et ils endossent le rôle d'éducateurs. Influencé par Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre publie en 1788, Paul et Virginie : le premier roman à succès dont des enfants sont les héros.

François Masson (1745-1807), Projet de monument à Jean-Jacques Rousseau (1799), plâtre. Paris, musée du Louvre.

François Masson (1745-1807), Projet de monument à Jean-Jacques Rousseau (1799), plâtre. Paris, musée du Louvre.

Antoine-Denis Chaudet (1763-1810), Paul et Virginie au berceau (1795), marbre. Paris, collection particulière.

Antoine-Denis Chaudet (1763-1810), Paul et Virginie au berceau (1795), marbre. Paris, collection particulière.

Charles-Paul Landon (1760-1826), Paul et Virginie (1814), huile sur toile. Alençon, musée des Beaux-Arts et de la Dentelle.

Charles-Paul Landon (1760-1826), Paul et Virginie (1814), huile sur toile. Alençon, musée des Beaux-Arts et de la Dentelle.

Louis-Adolphe Gautier, Paul et Virginie (avant 1851), gravure en creux. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

Louis-Adolphe Gautier, Paul et Virginie (avant 1851), gravure en creux. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

Charles-Paul Landon, Le Pardon (1795), huile sur bois. Paris, musée du Louvre.

Charles-Paul Landon, Le Pardon (1795), huile sur bois. Paris, musée du Louvre.

François-André Vincent (1746-1816), La Leçon de labourage ou l'Agriculture (1798), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

François-André Vincent (1746-1816), La Leçon de labourage ou l'Agriculture (1798), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Jeanne Elisabeth Chaudet, née Gabiou (1767-1832), L'Enfant endormi dans un berceau sous la garde d'un chien courageux (1801), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Jeanne Elisabeth Chaudet, née Gabiou (1767-1832), L'Enfant endormi dans un berceau sous la garde d'un chien courageux (1801), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Antoinette Cécile Hortense Haudebourt-Lescot (1784-1845), Les Premiers pas de l'enfance (1818), huile sur toile. Libourne, musée des Beaux-Arts.

Antoinette Cécile Hortense Haudebourt-Lescot (1784-1845), Les Premiers pas de l'enfance (1818), huile sur toile. Libourne, musée des Beaux-Arts.

Alphonse Martinet (1821-1861), d'après François-Gabriel-Guillaume Lépaulle, édité par Goupil & Vibert, Le Premier ami (1844) / Le Bon camarade (1845), gravure en creux et impression coloriée à la gouache. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.
Alphonse Martinet (1821-1861), d'après François-Gabriel-Guillaume Lépaulle, édité par Goupil & Vibert, Le Premier ami (1844) / Le Bon camarade (1845), gravure en creux et impression coloriée à la gouache. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

Alphonse Martinet (1821-1861), d'après François-Gabriel-Guillaume Lépaulle, édité par Goupil & Vibert, Le Premier ami (1844) / Le Bon camarade (1845), gravure en creux et impression coloriée à la gouache. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

La Révolution française améliore le statut des enfants grâce à un changement du droit de la famille qui donne plus de justice en leur faveur. Mais, elle crée de profondes divisions dans la société : les enfants sont entraînés par les adultes dans des opinions et combats qui souvent les dépassent (pour ou contre la République, le roi ou l'église). Les garçons sont plus touchés que les filles, car ils sont les futurs soldats et contribuables dont l'Etat a besoin pour défendre la patrie. On leur inculque le sens du sacrifice, comme Bara et Viala morts pour leurs idées patriotiques. Les garçons des classes populaires sont aussi mobilisés dans les révoltes sociales et politiques contre le pouvoir.

Jean-Nicolas-Alexandre Brachard (1766-1846), Viala / Bara (1794), terre cuite. Sèvres, manufacture et musée nationaux.
Jean-Nicolas-Alexandre Brachard (1766-1846), Viala / Bara (1794), terre cuite. Sèvres, manufacture et musée nationaux.

Jean-Nicolas-Alexandre Brachard (1766-1846), Viala / Bara (1794), terre cuite. Sèvres, manufacture et musée nationaux.

Pierre Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), Bara mourant (vers 1838), plâtre. Cholet, musée d'Art et d'Histoire.

Pierre Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), Bara mourant (vers 1838), plâtre. Cholet, musée d'Art et d'Histoire.

Louis Delaville (1763-1841), Enfants militaires (vers 1800), terre cuite. Paris, Galerie Trebosc & Van Lelyveld.

Louis Delaville (1763-1841), Enfants militaires (vers 1800), terre cuite. Paris, Galerie Trebosc & Van Lelyveld.

Philippe-Auguste Jeanron (1808-1877), Petits patriotes (1830), huile sur toile. Caen, musée des Beaux-Arts.

Philippe-Auguste Jeanron (1808-1877), Petits patriotes (1830), huile sur toile. Caen, musée des Beaux-Arts.

Anlexandre-Jean Dubois-Drahonet (1790-1834), Portrait d'Edouard Deban de Laborde couronnant le buste de son père tué à Wagram (1817), huile sur toile. Boulogne-Billancourt, bibliothèque Paul-Marmottan, Académie des Beaux-Arts.

Anlexandre-Jean Dubois-Drahonet (1790-1834), Portrait d'Edouard Deban de Laborde couronnant le buste de son père tué à Wagram (1817), huile sur toile. Boulogne-Billancourt, bibliothèque Paul-Marmottan, Académie des Beaux-Arts.

Le siècle des princes maudits

Entre la fin du 18ème et le milieu du 19ème siècle, l'histoire de France est marquée par de nombreuses révolutions et abdications. Beaucoup de princes n'étaient encore que des enfants lorsqu'ils passèrent du statut d'héritier du trône au statut d'exilé ou orphelin. C'est le cas du roi de Rome, âgé de 3 ans quand son père Napoléon Ier abdique. Le duc de Bordeaux est chassé de France à l'âge de 9 ans, ainsi que le Comte de Paris. D'autres fois, leur mort précoce a mis fin prématurément aux ambitions de leurs partisans.

Au temps de leur gloire, ces enfants étaient célébrés par la propagande du régime. Ils étaient montrés afin de convaincre l'opinion publique qu'ils avaient toutes les qualités pour régner un jour. Le destin le plus tragique reste celui de Louis XVII, mort à 10 ans dans la prison du Temple en 1795 : déchu, orphelin, emprisonné, il succombe à une maltraitance extrême.

François Joseph Kinson (1770-1839), La Duchesse de Berry en costume de veuve et sa fille Louise (1820), huile sur toile. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

François Joseph Kinson (1770-1839), La Duchesse de Berry en costume de veuve et sa fille Louise (1820), huile sur toile. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

Horace Vernet (1789-1863), Portrait de Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc de Chartres, au collège royal Henri IV (1821), huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Horace Vernet (1789-1863), Portrait de Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc de Chartres, au collège royal Henri IV (1821), huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Alexandre-Jean Dubois-Drahonet, Le Prince Henri d'Artois, duc de Bordeaux (1828), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.
Alexandre-Jean Dubois-Drahonet, Le Prince Henri d'Artois, duc de Bordeaux (1828), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.
Alexandre-Jean Dubois-Drahonet, Le Prince Henri d'Artois, duc de Bordeaux (1828), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Alexandre-Jean Dubois-Drahonet, Le Prince Henri d'Artois, duc de Bordeaux (1828), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Dominique Mahlknecht (1793-1876), Le Duc de Bordeaux enfant (1827-1828), bronze. Paris, musée Carnavalet.

Dominique Mahlknecht (1793-1876), Le Duc de Bordeaux enfant (1827-1828), bronze. Paris, musée Carnavalet.

Joseph Lemercier (1803-1887), Je prie Dieu pour la France (vers 1830), lithographie. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

Joseph Lemercier (1803-1887), Je prie Dieu pour la France (vers 1830), lithographie. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

François Séraphin Delpech (1778-1825) d'après Pierre Roch Vigneron, Scène allégorique autour de la naissance du Duc de Bordeaux (vers 1820), lithographhie. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

François Séraphin Delpech (1778-1825) d'après Pierre Roch Vigneron, Scène allégorique autour de la naissance du Duc de Bordeaux (vers 1820), lithographhie. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1790-1852) ou Charles Cumberworth (1811-1852), Le Comte de Paris et le duc de Chartres, petit-fils du roi Louis-Philippe, protégés par un ange gardien (vers 1843)., biscuit de porcelaine. Dreux, Fondation Saint-Louis.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1790-1852) ou Charles Cumberworth (1811-1852), Le Comte de Paris et le duc de Chartres, petit-fils du roi Louis-Philippe, protégés par un ange gardien (vers 1843)., biscuit de porcelaine. Dreux, Fondation Saint-Louis.

Charles de Steuben (1788-1856), Napoléon et le roi de Rome (1841), huile sur toile. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

Charles de Steuben (1788-1856), Napoléon et le roi de Rome (1841), huile sur toile. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

Pierre Paul Prud'hon (1758-1823), Portrait du roi de Rome (1811), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Pierre Paul Prud'hon (1758-1823), Portrait du roi de Rome (1811), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Pierre Cartellier (1757-1831), Buste du prince Napoléon Charles Bonaparte (1807), marbre et bronze doré. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

Pierre Cartellier (1757-1831), Buste du prince Napoléon Charles Bonaparte (1807), marbre et bronze doré. Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

Alfred Johannot (1800-1837), Henri II, roi de France, Catherine de Médicis et leurs enfants (1835), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Alfred Johannot (1800-1837), Henri II, roi de France, Catherine de Médicis et leurs enfants (1835), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Jeanne-Elisabeth Chaudet, née Gabiou, Portrait de Marie-Laëtitia Murat portant un buste de Napoléon Ier (1806), huile sur toile. Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau.

Jeanne-Elisabeth Chaudet, née Gabiou, Portrait de Marie-Laëtitia Murat portant un buste de Napoléon Ier (1806), huile sur toile. Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau.

Claudius Jacquand (1803-1878), Le Jeune Gaston, dit l'Ange de Foix (1838), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Claudius Jacquand (1803-1878), Le Jeune Gaston, dit l'Ange de Foix (1838), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Achille Joseph Etienne Valois (1785-1862), Louis XVII enchaîné (1827), marbre. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Achille Joseph Etienne Valois (1785-1862), Louis XVII enchaîné (1827), marbre. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

L'enfant bourgeois

Il est courant, dans les classes populaires, d'envoyer les bébés en nourrice, loin de leurs parents qui ne les voient que quelques jours par an. Cette pratique est peu représentée dans l'art français qui dépend plus des commandes de riches familles qui ont les moyens de loger nourrices et gouvernantes. Les enfants de la noblesse pouvaient grandir près de leurs parents jusqu'à leur entrée en pensionnat vers 10-11 ans.

La naissance du premier enfant est très attendue. La jeune mère est confirmée dans son statut d'épouse, puisque l'union est féconde et crée une nouvelle génération. Cet évènement est souvent l'occasion d'un portrait en pied avec le bébé au bras. Les pères se font pour leur part portraiturer en compagnie de leurs enfants dès que ces derniers sont en âge de parler et marcher.

Jacques-Augustin Pajou (1766-1828), Portrait de la famille de l'artiste (1802), huile sur bois. Paris, musée du Louvre.

Jacques-Augustin Pajou (1766-1828), Portrait de la famille de l'artiste (1802), huile sur bois. Paris, musée du Louvre.

Constant Joseph Desbordes (1761-1827), Le chariot brisé (Portrait d'une famille) (1806), huile sur toile. Beauvais, MuDO.

Constant Joseph Desbordes (1761-1827), Le chariot brisé (Portrait d'une famille) (1806), huile sur toile. Beauvais, MuDO.

Louis Laffite (1770-1828), Portrait de famille (1799), huile sur toile. Poitiers, musée Sainte-Croix.

Louis Laffite (1770-1828), Portrait de famille (1799), huile sur toile. Poitiers, musée Sainte-Croix.

Pierre-Edouard Dagoty (1775-1871), Portrait de l'épouse de l'artiste et de leurs deux filles (1819), gouache et aquarelle sur ivoire. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

Pierre-Edouard Dagoty (1775-1871), Portrait de l'épouse de l'artiste et de leurs deux filles (1819), gouache et aquarelle sur ivoire. Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.

Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), Jeanne Hélène David d'Angers âgée de 19 mois (1838) / Robert David d'Angers (1834), bronze. Paris, musée du Louvre.
Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), Jeanne Hélène David d'Angers âgée de 19 mois (1838) / Robert David d'Angers (1834), bronze. Paris, musée du Louvre.

Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), Jeanne Hélène David d'Angers âgée de 19 mois (1838) / Robert David d'Angers (1834), bronze. Paris, musée du Louvre.

Mayer frères, Portrait de Mme Roudeau et de son fils Eugène (1848), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Mayer frères, Portrait de Mme Roudeau et de son fils Eugène (1848), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Anonyme, Paysanne portant une coiffe entourée de deux garçons (1848), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Anonyme, Paysanne portant une coiffe entourée de deux garçons (1848), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Eugène Disdéri (1819-1889), Femme bretonne entourée de deux garçons (1850), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Eugène Disdéri (1819-1889), Femme bretonne entourée de deux garçons (1850), daguerréotype. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Jean Auguste Barre (1811-1896), Madame Achille Devéria et son fils (vers 1834), bronze. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Jean Auguste Barre (1811-1896), Madame Achille Devéria et son fils (vers 1834), bronze. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Antoine Desboeufs (1793-1862), Une jeune mère et ses deux enfants (1835), bronze. Paris, musée du Louvre.

Antoine Desboeufs (1793-1862), Une jeune mère et ses deux enfants (1835), bronze. Paris, musée du Louvre.

Jean Auguste Barre, Louise Delaroche et son fils Horace (vers 1845), ivoire. Paris, musée du Louvre.

Jean Auguste Barre, Louise Delaroche et son fils Horace (vers 1845), ivoire. Paris, musée du Louvre.

François Gérard (1770-1837), Portrait de l'artiste Jean-Baptiste Isabey et de sa fille Alexandrine (1795), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

François Gérard (1770-1837), Portrait de l'artiste Jean-Baptiste Isabey et de sa fille Alexandrine (1795), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Anonyme, Portrait d'un père de famille avec ses enfants (vers 1805), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Anonyme, Portrait d'un père de famille avec ses enfants (vers 1805), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Auguste de Châtillon (1808-1881), Portrait de Victor Hugo avec son fils François-Victor (1836), huile sur toile. Maisons de Victor Hugo, Paris/Guernesey.

Auguste de Châtillon (1808-1881), Portrait de Victor Hugo avec son fils François-Victor (1836), huile sur toile. Maisons de Victor Hugo, Paris/Guernesey.

A l'école

Au début du 19ème siècle, l'école primaire n'est pas obligatoire pour tous les Français. Dans les familles les plus riches, de la petite bourgeoisie et des cultivateurs aisés, les enfants restent à la maison où ils sont éduqués par les parents (épaulés par des précepteurs pour les plus riches) jusqu'à l'âge de 11 ans, date de l'entrée au collège pour les garçons et au pensionnat religieux pour les filles. Les enfants d'ouvriers, de domestiques et paysans pauvres sont confiés à des voisines, nourrices ou aux hospices, et souvent condamnés à l'analphabétisme. A l'âge de 6 ans, ils sont mis au travail, à moins que leurs parents les confient à l'enseignement gratuit des frères des écoles chrétiennes.

Antoinette Asselineau (1811-1889), Une classe de filles dans une école chrétienne à Versailles (1839), huile sur toile. Rouen, musée nationale de l'Education.
Antoinette Asselineau (1811-1889), Une classe de filles dans une école chrétienne à Versailles (1839), huile sur toile. Rouen, musée nationale de l'Education.
Antoinette Asselineau (1811-1889), Une classe de filles dans une école chrétienne à Versailles (1839), huile sur toile. Rouen, musée nationale de l'Education.

Antoinette Asselineau (1811-1889), Une classe de filles dans une école chrétienne à Versailles (1839), huile sur toile. Rouen, musée nationale de l'Education.

Henry Bonaventure Monnier (1799-1877), Les Ecoliers, Le Mans (Janvier 1838), graphite et aquarelle sur papier. Paris, musée du Louvre.

Henry Bonaventure Monnier (1799-1877), Les Ecoliers, Le Mans (Janvier 1838), graphite et aquarelle sur papier. Paris, musée du Louvre.

André Adolphe, dit Eugène Disdéri (1819-1889), Groupe d'enfants jouant aux billes à Nîmes (1854), épreuves positives sur papier albuminé. Paris, Bibliothèque nationale de France.

André Adolphe, dit Eugène Disdéri (1819-1889), Groupe d'enfants jouant aux billes à Nîmes (1854), épreuves positives sur papier albuminé. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Honoré Daumier (1808-1879), Mission pénible et délicate du professeur de dessin, c'est à lui qu'est réservée constamment la tâche difficile de redresser les tords et les travers de ses jeunes élèves ! (Le Charivari, 11 juin 1846), lithographie rehaussée. Collection particulière.

Honoré Daumier (1808-1879), Mission pénible et délicate du professeur de dessin, c'est à lui qu'est réservée constamment la tâche difficile de redresser les tords et les travers de ses jeunes élèves ! (Le Charivari, 11 juin 1846), lithographie rehaussée. Collection particulière.

François Michel Pascal, dit Michel-Pascal (1810-1882), Laissez venir à moi les petits enfants (1848), marbre. Tours, musée des Beaux-Arts.

François Michel Pascal, dit Michel-Pascal (1810-1882), Laissez venir à moi les petits enfants (1848), marbre. Tours, musée des Beaux-Arts.

Orphelins, mendiants et petits Savoyards

Etre orphelin n'était pas rare en France, où l'espérance de vie des hommes et des femmes était d'environ 37 ans pendant la première moitié du 19ème siècle. Dans les représentations artistiques de cette période, le thème de l'orphelin est représentée de manière grave en raison des guerres napoléoniennes et de la pandémie du choléra. Ce qui fait chuter l'espérance de vie des hommes à environ 25 ans. Des dizaines de milliers d'enfants se retrouvent privés de parents. Les orphelins pauvres sont condamnés à mendier ou sont abandonnés à des hospices qui les exploitent en les faisant travailler.

Le travail est une réalité pour des milliers d'enfants des classes populaires, dès 6-7 ans. Mais, il n'y a que le petit Savoyard qui suscite l'intérêt des artistes et amateurs d'art : issus des hameaux élevés des Alpes, ces garçons étaient envoyés, en période froide, dans les grandes villes pour gagner de l'argent par de petits travaux comme le ramonage des cheminées ou les spectacles de rue. Ce personnage pittoresque est prisé par les artistes et recherché par une clientèle bourgeoise. Par contre, aucun artiste majeur ne représente le travail des enfants dans les manufactures, les mines ou dans les fermes. C'était dans ces lieux que les conditions étaient extrêmes avec un rythme de 12 à 14h de travail par jour.

Henri Pierre Danloux (1753-1809), La Pitié (fragment : la mère de famille et deux autres enfants) / La Pitié (fragment : frère et soeur se disputant un morceau de pain) (1800), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.
Henri Pierre Danloux (1753-1809), La Pitié (fragment : la mère de famille et deux autres enfants) / La Pitié (fragment : frère et soeur se disputant un morceau de pain) (1800), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Henri Pierre Danloux (1753-1809), La Pitié (fragment : la mère de famille et deux autres enfants) / La Pitié (fragment : frère et soeur se disputant un morceau de pain) (1800), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Ary Scheffer (1795-1858), La Famille du marin (1823), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Ary Scheffer (1795-1858), La Famille du marin (1823), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Pierre Roch Vigneron (1789-1832), L'Orpheline (1832), huile sur toile. Compiègne, musée national du château de Compiègne.
Pierre Roch Vigneron (1789-1832), L'Orpheline (1832), huile sur toile. Compiègne, musée national du château de Compiègne.

Pierre Roch Vigneron (1789-1832), L'Orpheline (1832), huile sur toile. Compiègne, musée national du château de Compiègne.

Etienne-Nicolas Edouard Suc (1802-1855), Jeune aveugle breton (1839), plâtre. Saumur, château-musée.

Etienne-Nicolas Edouard Suc (1802-1855), Jeune aveugle breton (1839), plâtre. Saumur, château-musée.

Jean-Jacques Monanteuil (1785-1860), Deux pauvres fillettes égarées (1840), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Jean-Jacques Monanteuil (1785-1860), Deux pauvres fillettes égarées (1840), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1792-1852), La Prière (vers 1844), bronze, Montargis, musée Girodet.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1792-1852), La Prière (vers 1844), bronze, Montargis, musée Girodet.

Sophie Feytaud, née Tavel (1802-1865), Deux ramoneurs (1829), huile sur toile. Bordeaux, musée Beaux-Arts.

Sophie Feytaud, née Tavel (1802-1865), Deux ramoneurs (1829), huile sur toile. Bordeaux, musée Beaux-Arts.

George de Galard (1810-1834), Etude d'après un ramoneur (vers 1830), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

George de Galard (1810-1834), Etude d'après un ramoneur (vers 1830), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Auguste de Châtillon (1808-1881), Un petit ramoneur (1832), huile sur toile. Rouen, musée des Beaux-Arts.

Auguste de Châtillon (1808-1881), Un petit ramoneur (1832), huile sur toile. Rouen, musée des Beaux-Arts.

Louis Toussaint Rossignon (1780-1871), Savoyards avec un chien et un singe (1831), huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts.

Louis Toussaint Rossignon (1780-1871), Savoyards avec un chien et un singe (1831), huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts.

Auguste de Châtillon, Le petit Savoyard (1845), huile sur toile. Toulouse, musée des Augustins.

Auguste de Châtillon, Le petit Savoyard (1845), huile sur toile. Toulouse, musée des Augustins.

Emile Victor Blavier (1821-1887), Le Petit Savoyard (1847), bronze. Douai, musée de la Chartreuse.

Emile Victor Blavier (1821-1887), Le Petit Savoyard (1847), bronze. Douai, musée de la Chartreuse.

Jean-Jacques Monanteuil (1785-1860), Un ouvrier (1852), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Jean-Jacques Monanteuil (1785-1860), Un ouvrier (1852), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Premier portrait

Longtemps réservé aux membres de la grande noblesse, le portrait individuel s'étend progressivement aux enfants de la riche bourgeoisie à partir de 1750. Au sein du milieu artistique parisien, les portraits s'échangent en guise de cadeaux d'amitié. Au 19ème siècle, le portrait d'enfant se généralise dans toute la bourgeoisie. Cette diffusion est favorisée par l'apparition de la photographie qui prend le relais de la miniature peinte. On demande aux peintres ou photographes d'opter pour des cadrages larges, souvent jusqu'à mi-jambe ou en pied. Ce sont la bonne santé et la belle apparence de l'enfant qui comptent.

Les effigies réalisées à titre gracieux par les artistes pour leur entourage amical ou familial se caractérisent par une plus grande simplicité, un cadrage rapproché sur le visage, une liberté du regard et un certain débraillé vestimentaire.

Les portraits posthumes occupent une place à part. La mortalité infantile est encore un fléau au 19ème siècle. La tradition aristocratique des monuments funéraires se réactive au profit des enfants de la noblesse sous la forme de gisants ou de bustes.

Jean-Baptiste Antoine Cadet de Beaupré (1758-1823), Portrait de Rosalie Joseph Durieux (1790), terre cuite. Valenciennes, musée des Beaux-Arts.

Jean-Baptiste Antoine Cadet de Beaupré (1758-1823), Portrait de Rosalie Joseph Durieux (1790), terre cuite. Valenciennes, musée des Beaux-Arts.

Jean-Antoine Houdon (1741-1828), Buste d'Anne-Ange Houdon, fille de l'artiste, âgée de quinze mois (vers 1791), marbre. Paris, musée du Louvre.

Jean-Antoine Houdon (1741-1828), Buste d'Anne-Ange Houdon, fille de l'artiste, âgée de quinze mois (vers 1791), marbre. Paris, musée du Louvre.

Antoine-Jean Gros (1771-1835), Portrait de Paulin des Hours de Calviac (1793), huile sur toile. Rennes, musée des Beaux-Arts.

Antoine-Jean Gros (1771-1835), Portrait de Paulin des Hours de Calviac (1793), huile sur toile. Rennes, musée des Beaux-Arts.

Jean Fulchran Harriet (1776-1805), Portrait de garçon au cerceau (1797), huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts.

Jean Fulchran Harriet (1776-1805), Portrait de garçon au cerceau (1797), huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts.

Louis Boulanger (1806-1867), Portrait de Léopoldine Hugo (1827), huile sur toile. Maisons de Victor Hugo, Paris / Guernesey.

Louis Boulanger (1806-1867), Portrait de Léopoldine Hugo (1827), huile sur toile. Maisons de Victor Hugo, Paris / Guernesey.

Eugène Delacroix (1798-1863), Portrait de Lucile Virginie Le Guillou (vers 1839), huile sur toile. Paris, musée national Eugène Delacroix.

Eugène Delacroix (1798-1863), Portrait de Lucile Virginie Le Guillou (vers 1839), huile sur toile. Paris, musée national Eugène Delacroix.

Lorenzo Bartolini (1777-1850), Natalia et Verginia Plaideux, filles de Nicolas II Esterhazy (vers 1816-1823), marbre. Compiègne, musée national du château.
Lorenzo Bartolini (1777-1850), Natalia et Verginia Plaideux, filles de Nicolas II Esterhazy (vers 1816-1823), marbre. Compiègne, musée national du château.

Lorenzo Bartolini (1777-1850), Natalia et Verginia Plaideux, filles de Nicolas II Esterhazy (vers 1816-1823), marbre. Compiègne, musée national du château.

Théodore Chassériau (1819-1856), Portrait d'Ernest Chassériau, frère de l'artiste (1835), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Théodore Chassériau (1819-1856), Portrait d'Ernest Chassériau, frère de l'artiste (1835), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1790-1852), John Pradier vêtu d'une pèlerine (vers 1840-1841), bronze. Paris, musée des Arts décoratifs.

Jean-Jacques, dit James, Pradier (1790-1852), John Pradier vêtu d'une pèlerine (vers 1840-1841), bronze. Paris, musée des Arts décoratifs.

Camille Corot (1796-1875), Portrait de Louis Robert (1843-1844), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Camille Corot (1796-1875), Portrait de Louis Robert (1843-1844), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Anne-Louis Girodet (1767-1824), Jeune paysanne à la poupée, huile sur toile. Collection particulière.

Anne-Louis Girodet (1767-1824), Jeune paysanne à la poupée, huile sur toile. Collection particulière.

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Portrait de jeune fille (vers 1820), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Portrait de jeune fille (vers 1820), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Jean-Louis Bezard (1799-1881), L'Ange et l'Enfant (1837), huile sur toile. Paris, collection particulière.

Jean-Louis Bezard (1799-1881), L'Ange et l'Enfant (1837), huile sur toile. Paris, collection particulière.

Jean-Jacques, dit James, Pradier, Gisant de Françoise d'Orléans, Mademoisellle de Montpensier (entre 1840 et 1850), plâtre. Poitiers, musée Sainte-Croix.

Jean-Jacques, dit James, Pradier, Gisant de Françoise d'Orléans, Mademoisellle de Montpensier (entre 1840 et 1850), plâtre. Poitiers, musée Sainte-Croix.

Félicie de Fauveau (1801-1886), Buste funéraire de François Bautte (vers 1848-1849), marbre. Toulouse, musée des Augustins.

Félicie de Fauveau (1801-1886), Buste funéraire de François Bautte (vers 1848-1849), marbre. Toulouse, musée des Augustins.

Prodiges et génies

Le 19ème siècle a voué un important culte aux héros et Grands Hommes. A partir de la Restauration, monuments et statues prolifèrent dans l'espace public pour rendre hommage à des individus désignés en exemples pour la société. Aux côtés du génie politique, militaire ou commercial, le génie artistique est un thème qu'affectionnent les artistes du 19ème siècle. Les biographies d'artistes commencent par une anecdote tirée de leur enfance, ce qui fournit des sujets pour les peintres et sculpteurs qui cherchent à attendrir les spectateurs.

Pierre-Nicolas Bergeret (1782-1863), L'Enfance de Michel de Montaigne (vers 1810), huile sur toile. Libourne, musée des Beaux-Arts.

Pierre-Nicolas Bergeret (1782-1863), L'Enfance de Michel de Montaigne (vers 1810), huile sur toile. Libourne, musée des Beaux-Arts.

Cornélie-Louise Revest (1795-1856), Grétry enfant et le maître de chapelle (1824), huile sur toile. Paris, galerie La Nouvelle Athènes.

Cornélie-Louise Revest (1795-1856), Grétry enfant et le maître de chapelle (1824), huile sur toile. Paris, galerie La Nouvelle Athènes.

Victor Schnetz (1787-1870), La Diseuse de bonne aventure ou l'Enfance de Sixte Quint (vers 1824), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Victor Schnetz (1787-1870), La Diseuse de bonne aventure ou l'Enfance de Sixte Quint (vers 1824), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Jules Ziegler (1804-1856), Giotto dans l'atelier de Cimabue (1833), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Jules Ziegler (1804-1856), Giotto dans l'atelier de Cimabue (1833), huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

Jean-François Legendre-Héral (1796-1851), Giotto traçant sur le sable une tête de bélier (1838-1842), bronze. Douai, musée de la Chartreuse.
Jean-François Legendre-Héral (1796-1851), Giotto traçant sur le sable une tête de bélier (1838-1842), bronze. Douai, musée de la Chartreuse.

Jean-François Legendre-Héral (1796-1851), Giotto traçant sur le sable une tête de bélier (1838-1842), bronze. Douai, musée de la Chartreuse.

Ary Scheffer (1795-1858), L'Enfant charitable (1840), huile sur toile. Nantes, musée d'Arts.

Ary Scheffer (1795-1858), L'Enfant charitable (1840), huile sur toile. Nantes, musée d'Arts.

Hippolyte, dit Paul Delaroche, L'Enfance de Pic de la Mirandole (1842), huile sur toile. Nantes, musée d'Arts.

Hippolyte, dit Paul Delaroche, L'Enfance de Pic de la Mirandole (1842), huile sur toile. Nantes, musée d'Arts.

Alexandre Antigna (1817-1878), La Fille du bouquiniste (1855), huile sur toile. La Rochelle, musée des Beaux-Arts.

Alexandre Antigna (1817-1878), La Fille du bouquiniste (1855), huile sur toile. La Rochelle, musée des Beaux-Arts.

La psyché des enfants

L'enseignement artistique académique du 19ème siècle se fonde sur l'étude du nu. Le corps est donc au centre de l'apprentissage des artistes. Mais qu'en est-il du corps enfantin ? Il n'est pas étudié à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et dans les académies réservées aux hommes, mais les artistes n'hésitent pas à faire poser leurs enfants dans l'intimité du cadre familial. Présenter au public des oeuvres ayant pour sujet des nus enfantins n'est en rien choquant pour les esprits de cette époque. L'apparition du réalisme, dans les années 1830, brise les codes de l'art baroque et des corps musclés. La physionomie enfantine impose ses propres proportions : tête large, poitrine étroite, cou mince, ventre proéminent.

La particularité du corps de l'enfant est dans la reconnaissance de son indépendance psychique. Par l'impertinence, le jeu, l'imagination ou la rêverie, les enfants se dérobent à la réalité du monde adulte.

Jeanne-Elisabeth Chaudet, née Gabiou (1767-1832), Une petite fille voulant apprendre à lire à son chien (1799), huile sur toile. Paris, collection particulière.

Jeanne-Elisabeth Chaudet, née Gabiou (1767-1832), Une petite fille voulant apprendre à lire à son chien (1799), huile sur toile. Paris, collection particulière.

Anne-Louis Girodet (1767-1824), Portrait de Benoît-Agnès Trioson (1800), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Anne-Louis Girodet (1767-1824), Portrait de Benoît-Agnès Trioson (1800), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Théodore Géricault (1791-1824), Portrait de Louise Vernet enfant (vers 1818), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Théodore Géricault (1791-1824), Portrait de Louise Vernet enfant (vers 1818), huile sur toile. Paris, musée du Louvre.

Marie-Amélie Cogniet (1798-1869), Intérieur d'atelier (1831), huile sur toile. Lille, Palais des Beaux-Arts.

Marie-Amélie Cogniet (1798-1869), Intérieur d'atelier (1831), huile sur toile. Lille, Palais des Beaux-Arts.

Joseph Désiré Court (1797-1865), Jeune fille en prière (1836), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Joseph Désiré Court (1797-1865), Jeune fille en prière (1836), huile sur toile. Le Mans, musée de Tessé.

Jean-Baptiste Louis Roman (1792-1835), Une jeune fille tenant un lézard mort, étude d'après nature, dit l'Innocence (1822), marbre. Paris, musée du Louvre.

Jean-Baptiste Louis Roman (1792-1835), Une jeune fille tenant un lézard mort, étude d'après nature, dit l'Innocence (1822), marbre. Paris, musée du Louvre.

Julien Charles Dubois (1806-1891), Joueur d'onchets (1842), marbre. Rennes, musée des Beaux-Arts.

Julien Charles Dubois (1806-1891), Joueur d'onchets (1842), marbre. Rennes, musée des Beaux-Arts.

Louis-Victor Lavoine (1808-1861), Enfants jouant avec des coquillages (1842), huile sur toile. Musées de Soissons.

Louis-Victor Lavoine (1808-1861), Enfants jouant avec des coquillages (1842), huile sur toile. Musées de Soissons.

Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), L'Enfant à la grappe (1845), marbre. Paris, musée du Louvre.

Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1856), L'Enfant à la grappe (1845), marbre. Paris, musée du Louvre.

Charles Bargue (1824-1883) d'après Hippolyte Delaroche, dit Paul, Le Petit penseur, "La Figure" (1858), impression avec pierre de teinte, coloriée à la gouache. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

Charles Bargue (1824-1883) d'après Hippolyte Delaroche, dit Paul, Le Petit penseur, "La Figure" (1858), impression avec pierre de teinte, coloriée à la gouache. Bordeaux, musée d'Aquitaine, collection Goupil.

Ce fut un beau rassemblement d'oeuvres sur un thème qui permet de se laisser attendrir par des visages plein d'innocence ou d'espièglerie.  Le catalogue de l'exposition "Sage comme une image ? L'enfance dans l'oeil des artistes 1790-1850. Ed. Lienart, 2025 (192p., 28x22cm)" est imprimé sur du papier glacé. Toutes les oeuvres de l'exposition sont reproduites. Elles sont indexées par leur numéro de catalogue qui suit le déroulement de l'exposition.

 

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L
Ca devait être une très bonne exposition, les œuvres sont superbes et le propos très bien conduit. Merci pour ce compte-rendu !
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